POLYNELISE

Elise et les iles de la Polynésie

Les MAMMIFERES MARINS de Polynésie Française

Devenu depuis 2002, officiellement, un “sanctuaire” pour les MAMMIFERES MARINS, les eaux de la Polynésie Française en accueillent plus d’une vingtaine d’espèces. Dans ce vaste espace océanique, baleines et dauphins évoluent en toute liberté, préservés et protégés.

 Humpback whale

DES “GROS POISSONS” QUI N’EN SONT PAS !

En premier lieu, il convient de rappeler que BALEINES et DAUPHINS font partie de l’ordre dit des cétacés, un terme issu du grec « kêtos », signifiant « gros poisson ».

Mais malgré l’origine de leur nom, les cétacés sont des mammifères ! Ainsi, ils allaitent leur petit. Certaines espèces possèdent même quelques poils, vestiges de lointains ancêtres terrestres. BALEINES et DAUPHINS naissent, vivent et meurent dans l’eau. À noter aussi que contrairement à celle des poissons, leur nageoire caudale est horizontale. Ils possèdent une ou deux narines appelées évents, situées au sommet de leur crâne et visibles lorsqu’ils viennent respirer en surface. Les 90 espèces de cétacés décrites de nos jours ont colonisé tous les océans du globe, la plupart des mers et même certains fleuves. On les divise en deux grands groupes : les cétacés à fanons et les cétacés à dents.

LES CETACES A FANONS…

Les cétacés à fanons sont appelés ainsi en raison de lames cornées appendues à leur mâchoire supérieure. Ces lames qui agissent comme des filtres, leur permettent d’ingurgiter de grandes quantités de nourriture. Ces animaux, qui possèdent deux évents, sont pour la plupart migrateurs; ils se déplacent entre lieux d’alimentation et lieux de reproduction. Six espèces ont déjà été observées dans les eaux polynésiennes, la plus connue étant la BALEINE A BOSSE.

Humpback whale2

… ET LEUR STAR, LA BALEINE A BOSSE !

Observée en Polynésie entre les mois de juin et de novembre, la BALEINE A BOSSE doit son nom à la petite bosse sur laquelle est juché son aileron dorsal. Souvent démonstrative, elle sort régulièrement sa nageoire caudale hors de l’eau lorsqu’elle plonge. Les femelles, plus grosses que les mâles, peuvent mesurer 13 à 15 mètres et peser 40 tonnes. Lors de leur séjour dans les archipels, elles mettent bas et allaitent leur petit sans s’alimenter. Elles peuvent alors perdre un tiers de leur poids ! Les mâles entonnent des chants puissants, peut-être pour délimiter leur territoire et attirer les femelles qu’ils escorteront pendant quelques heures ou quelques jours. Puis elles repartent pour les eaux antarctiques, où les baleines polynésiennes se nourrissent pendant l’été austral.

LES CETACES A DENT

Les CETACES A DENTS, qui possèdent un seul évent, sont bien représentés en Polynésie. On y observe trois familles distinctes : les CACHALOTS, les BALEINES A BEC et les DAUPHINS à proprement parler. Observé de temps en temps dans les eaux Polynésiennes, le GRAND CACHALOT peut mesurer 18 mètres et peser 50 tonnes. Il est un animal de légende. Pélagique, c’est à dire vivant en pleine mer il s’approche rarement des côtes.

LE CACHALOT, ANIMAL DE LEGENDE

Le CACHALOT est reconnaissable à son grand corps massif, brun et ridé. Son énorme tête rectangulaire peut mesurer un tiers de la taille de son corps. Pour se nourrir, il est capable de descendre à des profondeurs de 3 000 mètres et de rester une heure trente en apnée ! Femelles et jeunes se rassemblent sous les latitudes Polynésiennes tandis que les grands mâles parcourent de longues distances pour s’alimenter dans les eaux riches des latitudes tempérées et subantarctiques. Il existe en Polynésie deux autres espèces de cachalots, bien présentes mais difficiles à observer : le CACHALOT PYGMEE et le CACHALOT NAIN. D’une taille de 2 à 3,5 mètres, on les identifie par temps calme, lorsqu’ils viennent respirer à la surface : ils ressemblent alors à des troncs d’arbre flottants…

LES BALEINES A BEC

Malgré leur nom, les BALEINES A BEC sont bien des cétacés à dents… Deux espèces sont régulièrement observées en Polynésie, le MESOPLODON DE BLAINVILLE et la BALEINE A BEC DE CUVIER. Discrets en surface et peu connus, ces animaux de 4 à 7 mètres de long ont un corps brun clair parsemé de cicatrices et surmonté d’un petit aileron dorsal excentré. Les mâles adultes possèdent deux dents proéminentes sur la mâchoire inférieure, les femelles n’en ont aucune.

ONZE ESPECES DE DAUPHINS

Onze espèces de DAUPHINS se partagent les eaux des archipels Polynésiens. Parmi elles, notons le GLOBICEPHALE TROPICAL, gros dauphin noir à tête ronde habituellement observé en groupes de 40 à 60 individus. On l’identifie en surface grâce à son aileron dorsal large et souvent crochu. Généralement curieux à l’égard des embarcations, il lui arrive même de sortir la tête hors de l’eau…

Le DAUPHIN D’ÉLECTRE est abondant dans l’archipel des Marquises où des groupes de plusieurs centaines d’individus sont croisés près des côtes. Reconnaissable à son corps sombre, sa tête arrondie et son museau pointu bordé de lèvres blanches, c’est un dauphin peu connu.

Le GRAND DAUPHIN est très accessible au nord-ouest et au centre des Tuamotu où il fréquente la frange côtière des atolls, l’abord des passes et les lagons.

Bottlenose dolphins

Le DAUPHIN A BEC ETROIT a le dos sombre, le ventre blanc-rosé et les flancs parsemés de taches arrondies. Sa tête aplatie et son bec fin lui donnent une allure étrange. Démonstratif et souvent curieux vis-à-vis des embarcations, il voyage régulièrement en compagnie d’autres espèces.

Rough-toothed dolphin

Le DAUPHIN TACHETE PANTROPICAL et le DAUPHIN A LONG BEC sont les plus petits cétacés Polynésiens. Le DAUPHIN TACHETE est abondant aux Marquises, rare dans les autres archipels. Le DAUPHIN A LONG BEC est fréquemment observé autour des îles de la Société où des groupes de 30 à 60 individus viennent quotidiennement se reposer autour des passes et dans les baies des lagons. Ces deux espèces sont réputées pour leurs sauts spectaculaires.

Spinner dolphins

PRESENT DANS TOUS LES ARCHIPELS

La répartition et l’abondance des cétacés dépendent de la richesse nutritive de leurs habitats, de la superficie du territoire, de la profondeur du plancher océanique et de certaines caractéristiques locales qui brossent un tableau diversifié des zones de présence.

Ainsi, les archipels des Australes et des Tuamotu-Gambier accueillent des BALEINES A BOSSE en saison, des CACHALOTS et des BALEINES A BEC en faible densité. Le nord-ouest et le centre de l’archipel des Tuamotu a été colonisé par les GRANDS DAUPHINS, visibles près des côtes.

L’archipel de la Société abrite une bonne diversité d’espèces avec la présence remarquable des DAUPHINS A LONG BEC, DAUPHINS A BEC ETROIT, DAUPHINS D’ÉLECTRE, BALEINES A BEC, GLOBICEPHALE et BALEINES A BOSSE en saison.

Aux Marquises, les eaux très riches servent notamment de refuge au DAUPHIN TACHETE, au DAUPHIN D’ÉLECTRE, au DAUPHIN A LONG BEC et au GLOBICEPHALE. D’autres espèces, tel que le DAUPHIN DE RISSO, préfèrent le grand large et sont donc rarement observées. Certaines enfin, comme l’ORQUE, la FAUSSE-ORQUE ou les RORQUALS, sont pélagiques, peu communes et/ou saisonnières.

Risso's dolphins

MYTHES ET LEGENDS

Étrangement, les récits concernant la présence ancienne de BALEINES A BOSSE dans les eaux Polynésiennes sont absents. Les premiers baleiniers qui faisaient escale à Tahiti lors de leurs longues campagnes en mer capturaient des GRANDS CACHALOTS aux Marquises. Ce sont des Marquises également que nous proviennent certains mythes anciens où les DAUPHINS sont chassés et utilisés comme monture. Des objets précieux réalisés en dents de cétacés étaient autrefois portés par les chefs et leurs proches.

À Ua Pou, jusque dans les années 1970, de petites espèces de DAUPHINS (KUMIA ou KOHIO) étaient chassées. Quant à la chasse à la BALEINE A BOSSE s’est développée sporadiquement dans l’archipel des Australes avec l’arrivée des baleiniers européens à la fin du 19e siècle. Mais que l’on se rassure, la dernière baleine y a été tuée en 1957 soit il y ‘a plus de 55 ans…

OBSERVER LES CETACES

Observer des CETACES en liberté est une expérience inoubliable accessible à tous. Par temps calme, il est facile de repérer un souffle, un remous, autant d’indices pouvant trahir leur présence. Depuis 1992, le « whale-watching » permet d’approcher les CETACES polynésiens dans leur milieu. Malheureusement, un whale-watching excessif peut également leur nuire, en étant source de perturbations et de stress. Il est donc important de s’informer sur les espèces rencontrées, le comportement des animaux et la réglementation afin de garantir une observation satisfaisante et un dérangement minimum.

Voici quelques règles simples à respecter : ne jamais couper la route d’un CETACE, le coincer, l’encercler, tenter de le toucher, séparer une mère et son petit, crier ou taper sur le bateau. Malgré leur bonne réputation, n’oublions pas que BALEINES et DAUPHINS sont des animaux sauvages et puissants. Une méconnaissance de leurs comportements, activités ou de la structure sociale des groupes peut entraîner de mauvaises surprises.

UN SANCTUAIRE

Le sanctuaire des mammifères marins de Polynésie a officiellement vu le jour le 13 mai 2002 grâce au travail du cétologue Franco-américain Michael Poole, qui depuis 25 ans consacre sa vie à l’étude des CETACES polynésiens. Ce sanctuaire de 4,8 millions de km2 est le plus grand du monde par sa taille dans un seul océan ! Le principe d’un sanctuaire de faune sauvage est de préserver le fonctionnement naturel des populations animales, leur permettant de continuer à mener leur vie à l’abri des activités humaines.

C’est le même objectif que poursuit le GEMM, ou Groupe d’Étude des Mammifères marins. Dans ce vaste sanctuaire, unique à l’échelle mondiale, BALEINES et DAUPHINS peuvent donc évoluer en toute liberté, protégés et respectés. Un réel “paradis” pour ces animaux, et une belle opportunité pour les Hommes de partir à la rencontre de cette vie sauvage si précieuse.

Dolphins

Les commentaires sont fermés.