POLYNELISE

Elise et les iles de la Polynésie

L’or de RAIVAVAE

L’OR DE RAIVAVAE

A Raivavae, dans l’archipel des Australes, les femmes extraient du sol une séduisante richesse, les «pūpū», de minuscules coquillages, dont elles font des colliers très prisés en Polynésie. C’est « l’or de Raivavae »…

A Raivavae, petite île de l’archipel des Australes située à deux heures de vol (ou trois jours de navigation en voilier) au sud de Tahiti, quand une famille se retrouve à court d’argent, les hommes, comme partout en Polynésie, vont s’occuper du jardin où poussent, avec du travail, légumes et taros.

Mais les femmes, elles, embarquent sur une pirogue ou un bateau à moteur et gagnent les motu, cette chaîne d’îlots coralliens bas sur l’eau qui s’étirent sur la barrière de corail entourant l’île centrale, montagneuse. Les femmes ancrent leur embarcation, près de la plage, et s’avancent de quelques dizaines de mètres à peine à l’intérieur de l’île, entre les troncs des cocotiers, des kahaia, et des aito, également connus sous le nom de filao, ou arbre de fer.

Là, à mains nues ou à l’aide d’un simple morceau de bois aiguisé, elles entreprennent d’écorcher la surface du sol. Il s’agit d’une rude croûte de corail broyé, des morceaux de roche pouvant mesurer jusqu’à dix centimètres. Les plus gros cailloux sont écartés, mis en pile, et, au bout de quelques heures d’effort, on atteint une couche encore très grossière, mais baignée d’une poussière de petites particules, quelques millimètres de diamètre à peine. On en remplit des sacs, puis les femmes pendent aux branches d’un arbre des tamis, des affaires rustiques obtenues en perçant à l’aide d’un clou dans une tôle des trous de tailles variées. Le tamis le plus grossier ne retient que les graviers, puis le plus fin ne laisse passer qu’une poudre dans laquelle se trouve la richesse que ces femmes sont venues chercher : les pūpū (nom tahitien signifiant « coquillage » et qui se prononce « poupou »), en fait de minuscules coquillages.

Tamiser et tamiser encore…

« C’est l’or de Raivavae » me déclarait une femme appliquée à cette longue tâche. C’est vrai qu’il y a une ressemblance avec le travail du chercheur d’or. Les tamisages se prolongent ensuite au bord du lagon et l’eau claire emporte la poussière de terre. Le résidu est rapporté à l’île centrale où des femmes passeront de longues journées assises au bord du lagon, à tirer un à un de cette masse encore grossière ces minuscules coquillages : deux millimètres de diamètre à peine ! Il faut séparer les coniques des arrondis, les trier encore en fonction de leur couleur, du blanc pur au marron ; enfin, et l’affaire prend plusieurs jours, les femmes se retrouvent à la tête de sacs de pūpū prêts à être percés un par un à l’aide d’une aiguille et enfilés sur un fin fil de nylon. Encore de longues journées de travail et voici le produit fini: des liasses de ces colliers, très prisés dans toute la Polynésie, en particulier à l’occasion du départ d’une personne aimée ; brillants, souples, colorés (la couleur des pūpū est en général naturelle, seul les jaunes sont obtenus à l’aide d’une teinture). Ils resplendiront sur le cou des jolies Tahitiennes en fête. Le prix qu’ils atteignent est considérable… mais peu de chose en regard du travail prolongé des « chercheuses d’or ».

Les pūpū ne sont pas, dans le Pacifique, l’apanage unique de Raivavae. On recueille aux Gambier dans le sable de l’îlot « Kouaku » de minuscules coquillages coniques qui font de superbes colliers.

Mais les plus prisés restent ceux de Raivavae, une île dont la réputation de beauté n’est pas usurpée ! La poignée de visiteurs qui séjournent deux ou trois jours dans les quelques pensions de l’île ne l’oublieront jamais.

Raivavae est vraiment une ile que je souhaiterais visiter la prochaine fois que j’irai en Polynésie.

Alors, n’hésitez pas vous non plus pour aller constater par vous-mêmes la valeur de cet or !!! 😉

Un Commentaire

  1. J’ai découvert ce matin cet article qui met de la couleur et du rêve pour la journée au moins! 🙂
    Le nouveau site est TB réalisé avec la traduction anglaise, vraiment super!

    On attend la suite comme dans un bon feuilleton-documentaire.
    Gros bisous